SORTIE EN FORET SECHE

lundi 26 décembre 2016.
 
A la sortie de la route départementale 7 s’amorce le chemin qui mène au point de départ.

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En préambule, nous sommes contraints à quelques acrobaties pour accéder au sentier qui nous mènera à la forêt xérophile.

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A l’issue de la traversée d’une zone hostile, enchevêtrée par les vents, nous plongeons dans la sérénité du petit port de pêche de Taupinière où les quelques canots amarrés nous rappellent que c’est le jour de repos.

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En pénétrant à nouveau dans le sous-bois, nous traversons très rapidement un couloir réservé aux abeilles. En effet, un peu à l’écart, nous apercevons leurs ruches formées de cadres superposés. Cette technique leur permet de se développer et facilite l’extraction du miel par l’apiculteur. L’environnement leur est favorable, arbustes, fleurs mellifères, forêt et point d’eau à proximité.

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Nous atteignons ensuite une zone particulièrement ombragée, calme, humide et vaseuse : la mangrove composée d’arbres se développant dans des eaux peu profondes.

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C’est une forêt littorale composée essentiellement de palétuviers et de mangles dont les racines entrelacées leur permettent de se stabiliser dans le sol vaseux et de survivre dans les conditions extrêmes du milieu marin (sel anoxique, salinité élevée, houle...).

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Une multitude d’espèces de poissons, d’oiseaux, de crustacés et de mammifères y vivent.

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La résonance de nos pas sur le sol effrait les nombreux habitants des lieux.

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Des milliers de crabes « cé ma fot » ou crabes violonistes, courent ça et là à la recherche du petit trou le plus proche creusé dans la boue. Quelques gros crabes velus regagnent en toute hâte leurs refuges. Les Bernard l’Hermite tout aussi apeurés se cachent spontanément dans leurs coquilles. Seules les rares huîtres plates semblent ne pas se préoccuper de nous.

Dans le lointain le chant caractéristique du Kaïali perce la quiétude des lieux. Ce petit échassier sédentaire de la mangrove construit son nid dans les mangles et se nourrit de crustacés, d’insectes et de crabes.

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Nous poursuivons notre route à travers une végétation qui dépasse rarement 20 m de haut. Au passage nous remarquons le poirier pays qui n’a rien d’un arbre fruitier, mais qui fait l’ornement de nos campagnes, le gommier rouge, les campêchers, le mille-feuilles ou Bois piano, épineux aux petites feuilles qui produit des petites graines noires très luisantes.

D’espace en espace, des traces éparses témoignent de la présence de l’homme : parc à bétail, abri, déchets...

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Après une longue traversée nous quittons cette mangrove et pénétrons dans une zone sèche où la végétation sauvage est curieusement différente. Nous reconnaissons au passage notre majestueux cocotier dont les palmes frémissantes sont caressées par le vent.

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Au milieu d’arbrisseaux nous découvrons à notre grande surprise les ruines d’un imposant four à chaux. Autrefois, les chaufourniers qui l’actionnaient transformaient le calcaire en chaux.

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A quelques mètres de là, dissimulés sous la broussaille, nous devinons les murs de l’ancienne habitation O’Mullane, jadis luxueuse, qui fut en 1717 le théâtre d’une révolte de colons contre le Gouverneur.

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Encore quelques pas et nous changeons de décor. En effet, entre la mer et le sous-bois, le sentier pédestre surplombe une accumulation de rochers gris contre lesquels les vagues viennent s’étaler rageusement. Bien que cette partie du trajet requiert toute notre prudence, nous savourons pleinement le panorama splendide qui s’offre à nous.

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La grisaille ombrageuse des marécages a cédé sa place à la beauté du ciel pur parsemé de nuages légers, au bleu azur de l’océan, à la blancheur du sable fin des petites plages, à la rondeur presque parfaite des galets, aux formes ondulées des mornes évoquant notamment une femme couchée et à l’imposante majesté du rocher du Diamant ressemblant à une pierre précieuse sur un tapis bleu turquoise.

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Nous devons à la fois nous adapter aux difficultés de la topographie pentue des lieux et éviter les longues tiges des Agaves, les fourrés à Campêches aux fleurs très mellifères, les brousses à cactées dont les espèces les plus courantes sont les Cierges.

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Ici et là quelques touches colorées au milieu de la savane attirent le regard : les petites marguerites jaunes, les liserons bleus, les Pois-raziers ou pois sauvages, lianes grèles très courantes et envahissantes aux fleurs bleues, les Gouttes de sang, herbe très commune à pompon rouge.

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Nous poursuivons l’ascension des pentes escarpées chacun à notre rythme, quand soudain nous apercevons une broméliacée isolée sur un arbre de taille moyenne.

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Une observation rapprochée nous amène à conclure qu’il s’agit d’un Tillandsia utriculata plus connu sous le nom d’« ananas sauvage ». Très courant aux Antilles, on le retrouve dans toutes les communes de l’île où il colonise les arbres en toute harmonie.

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Les Tillandsia ou « filles de l’air » sont soit terrestres, soit épiphytes, ils séduisent par la variété de leurs formes et la beauté de leurs floraisons.

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Cette plante de la famille des broméliacées possède une étonnante capacité à vivre sans racines et une formidable faculté d’adaptation dans la nature. Elle a une forme d’utricule, ses feuilles sont nombreuses, vertes, rigides et recouvertes d’écailles sorte de « suçoirs » qui retiennent l’eau et les éléments nutritifs. En milieu xérophile et en plein soleil elle développe un maximum d’écailles pour mieux constituer ses réserves. Monocarpique, ce Tillandsia ne fleurit qu’une fois, mais nous gratifie de ses formes majestueuses pendant de longs mois.

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Fait surprenant, cet utriculata semblait seul ! Cette hypothèse ne nous satisfaisait guère ! Dès lors chaque arbre était scruté minutieusement et comme nous l’espérions, à mesure que nous avancions, nous repérions d’autres plants souvent de petite taille.

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Cependant, le nombre recensé demeurait faible. Etait-ce dû seulement au secteur peu propice, ou était-ce le fait du passage de l’homme ?

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Nous nous éloignons de cette zone sans découvrir d’autres plants ou d’autres espèces de broméliacées, seuls les Mimosas malacocentra égayaient le sentier qui nous ramenait vers la plage d’O’Mullane.

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Cf : article n° 52 du site "Tillandsia utriculata"