A LA RECHERCHE DU "DIAMANT VERT"

SORTIE DANS LA MANGROVE

vendredi 25 mars 2016.
 
L’Aechmea communément cultivé comme plante d’ornement est un épiphyte. Son nom provient du Grec et signifie pointe de lance. L’Aechmea serrata est une espèce menacée de disparition. Nous pensons qu’il existe quelque part dans nos forêts et nous avons à cœur de le retrouver afin de mieux le connaître et de le protéger

Pour découvrir ce lieu chargé de mystères et de légendes, nous avons sollicité la compétence d’un guide (*) pour sa connaissance du milieu.

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Animés de notre enthousiasme habituel, nous nous laissons très vite gagner par cette sensation particulière de communion avec la nature.

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Notre exploration commence par la traversée de vastes champs de cannes bordés de Génipas, la mascotte des lieux, dont le fruit était utilisé par les indiens caraïbes pour se colorer la peau.

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Un peu plus loin, quelques raisiniers "grandes feuilles" (Coccolobas becens) se plaisent à étaler leurs larges feuilles comme pour mettre en scène le ballet des libellules aux couleurs attrayantes, sous le regard du bel oiseau Gangan et du petit crabe Aratus pisonii.

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Ce sol vaseux est favorable à la croissance de nombreux arbres tels que le palétuvier rouge (Rhizophora mangle), le palétuvier blanc (Laguncularia racemosa) et surtout le mangle noir (Avicennia germinans). En effet, avant le passage du cyclone Dean, ce lieu constituait le domaine de la plus belle forêt de mangles noirs.

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Après une longue marche en zone découverte, nous pénétrons dans le sous-bois de l’arrière mangrove. Là, nos déplacemements deviennent plus ralentis. Avec précaution, nous nous frayons un passage à travers les lianes sauvages entrelacées, les fougères dorées, les campêches et les racines aériennes. Le spectacle qui nous attendait valait bien quelques égratignures !

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Des Aechmea lingulata à profusion ! (Wittmackia lingulata)

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Solitaires ou en touffes, accrochés aux palétuviers ou à même le sol, camouflés ou en bordure, des petits et des grands.

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Plantes épiphytes, vivant suspendues aux branches, ou terrestres.

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Un véritable ravissement pour les yeux !

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Nous changeons de zone et partons à la recherche de notre "diamant vert". Sur notre parcours, nous apercevons quelques Tillandsia utriculata (ananas sauvages, espèces très répandues) qui semblaient nous signaler une autre présence qu’intimement nous ressentions déjà.

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Soudain un cri de joie retentit, un appel au ralliement ! Et nous découvrons avec émotion un superbe Aechmea dressé au milieu d’un espace desséché, tel un prince paré pour la fête. Le voir dans son milieu naturel revêt pour nous un charme particulier et c’est sans retenue que nous savourons ce moment de plénitude.

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L’instant est magique ! Chacun tenant à l’immortaliser : frénétiquement appareils photos et caméras sont libérés de leurs étuis. Comme une star du showbiz persécutée par les paparazzis, il est filmé et photographié sous tous les angles !

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De prime abord, nous pensions avoir trouvé le serrata tant convoité. Mais en y regardant de plus près, scrutant avec minutie la moindre particularité, nous reconnaissions le reclinata, comme une exhortation à poursuivre notre quête inaltérable de l’Aechmea serrata. Le réclinata est aussi une espèce endémique de la Martinique.

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L’espace d’un instant, sa ressemblance avec le serrata nous a fait ressentir l’agréable sensation de la mission accomplie !

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Sans prévenir, comme une rumeur qui enfle, le bruit sourd des gouttes d’eau tombant sur les feuilles nous rappelait, soudain, que les averses saisonnières étaient aussi au rendez-vous.

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Notre sortie s’est achevée autour d’une bonne table. Quoi de plus agréable que de déjeuner sur une terrasse en se laissant bercer par le doux murmure des vagues du sud !

(*) Pierre COURTINARD auteur de "Mangrove" et "Plaine sucrée, Rivière Salée".


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