CHARTE DU BROMELIACLUB MARTINIQUE

mardi 31 mars 2009.
 

CHARTE DU BROMELIACLUB MARTINIQUE

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Préambule : LES RAISONS DE LA CHARTE

En raison de sa situation sur l’arc antillais et de sa structure, la Martinique possède une biodiversité remarquable par rapport à sa superficie.

La biodiversité étant selon le grand scientifique américain Edward O. WILSON "la totalité de toutes les variations de tout le vivant". Cette définition inclut donc l’homme et la totalité de toutes les interactions de celui-ci avec la nature.

La variété des milieux naturels de l’île ainsi que la valeur patrimoniale de certaines de ses forêts sont remarquables.

Ces milieux sont cependant très fragiles, régulièrement menacés par les catastrophes naturelles ainsi que par la pression démographique et les prélèvements. C’est ainsi que de nombreuses espèces tant animales que végétales ont disparu depuis l’arrivée de l’homme dans ces régions.

Les annexes 2 à 5 des listes rouges de l’UINC (Union Internationale pour la Conservation de la Nature) ainsi que les travaux relatifs au livre rouge de la flore menacée des Antilles françaises permettent de mettre en évidence les dangers qui pèsent sur notre flore et signalent les espèces disparues ou en voie de disparition.

S’agissant des broméliacées, une espèce en danger de disparition est conservée au Conservatoire Botanique de Brest et dans les serres tropicales du Muséum National d’Histoire Naturelle. Elle est inscrite dans un arrêté ministériel en dâte du 26/12/1988 relatif à la liste des espèces végétales protégées en région Martinique. Il s’agit de l’ Aechmea serrata (broméliacée endémique de Martinique).

L’article premier de cet arrêté est ainsi rédigé : "Afin de prévenir la disparition d’espèces végétales menacées et de permettre la conservation des biotopes correspondants, sont interdits, en tout temps sur le territoire de la région Martinique, la destruction, la coupe, la mutilation, l’arrachage, la cueillette ou l’enlèvement, le transport, le colportage, l’utilisation, la mise en vente, la vente ou l’achat de tout ou partie des spécimens sauvages des espèces ci-après énumérées".

Dans la liste des espèces énumérées figure l’ Aechmea serrata .

Toutes ces considérations ont amené l’association des amateurs de broméliacées de Martinique à réfléchir sur les moyens à mettre en oeuvre pour tenter de protéger et de sauvegarder cette famille botanique peuplant nos forêts sèches ou humides et si caractéristiques de nos milieux.

Des moyens pratiques doivent être mis en oeuvre dans le cadre d’une réflexion globale associant divers partenaires travaillant à la conservation de la biodiversité. Le Broméliaclub Martinique entend participer à ces opérations à partir d’une charte établie par ses soins et mise en application avec l’aide d’un certain nombre de partenaires.

Pour l’établissement de la charte, le Broméliaclub Martinique s’appuie notamment sur les études réalisées par la Direction Régionale de l’Environnement (Cf. Document DIREN de synthèse sur la stratégie locale pour la biodiversité) et sur les conclusions du groupe de travail DOM-TOM du Grenelle de l’Environnement d’Octobre 2007 "Biodiversité et ressources naturelles".

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CONTENU DE LA CHARTE

Article 1 : Le Broméliaclub de la Martinique, dans le cadre de la préservation de la biodiversité dans le département et plus spécialement en ce qui concerne la préservation des Broméliacées, s’engage à rechercher et à mettre en oeuvre, dans la mesure de ses moyens et dans des délais compatibles avec les moyens utilisés ainsi que ceux des partenaires associés, les actions énumérées ci-dessous.

1°) Participer à la lutte contre les risques encourus par la flore locale à la suite de l’introduction d’espèces exogènes envahissantes, domestiques ou sauvages.

Certaines espèces importées peuvent avoir en effet un impact important sur le milieu d’accueil.

Cet impact généralement négatif est considéré comme une des causes majeures de la perte de biodiversité dans le monde.

A ce titre, la convention "Diversité biologique" fait obligation aux parties "dans la mesure du possible et selon qu’il conviendra de contrôler et d’éradiquer les espèces exotiques envahissantes". Ces dispositions valent également pour le Broméliaclub.

Il conviendra donc pour les membres du Broméliaclub de contrôler autant que faire se peut les introductions notamment d’espèces exogènes envahissantes et dans tous les cas de ne pas les encourager.

2°) Participer à la mise en oeuvre des opérations de sauvegarde du patrimoine végétal en péril par l’intermédiaire du Conservatoire Botanique des Antilles Françaises ou toute autre structure agréée localement

Cette participation pourrait se concrétiser par :
-  la mise en place d’un inventaire ou recensement des espèces locales,
-  la demande de conservation in situ ou ex situ des espèces en danger de disparition dans l’île,
-  l’information régulière des partenaires sur l’avancement des travaux du Broméliaclub.

3°) Participer à l’éducation à l’environnement

L’éducation et la formation de tous les citoyens constituent un volet indispensable et fondamental de l’accompagnement des politiques publiques relatives à l’écologie et au développement durable. Cette priorité est inscrite dans la charte de l’environnement (article 8). La contribution du Broméliaclub peut se concrétiser par sa participation à des expositions ou à des actions éducatives scolaires (type "1000 défis pour ma planète").

4°) Contrôler pour ses membres tout prélèvement sauvage de Broméliacées locales à quelque fin que ce soit

Afin de satisfaire le besoin de connaissance des espèces locales, le Broméliaclub organisera pour ses membres des sorties éducatives sur le terrain au cours desquelles seront réalisés :
-  des photographies (avec l’aide de personnes compétentes),
-  l’établissement de fiches d’observation et d’un herbier qui serviront à la mise en place d’un fonds documentaire sur le sujet,
-  le recensement et la cartographie des espèces locales.

5°) Solliciter des partenaires

Toutes les actions précédemment énumérées ne pourront être réalisées qu’avec le concours d’un certain nombre de partenaires institutionnels ou associatifs oeuvrant dans le domaine de la nature et de sa préservation. Ce sont :
-  la Direction Régionale de l’Environnement et plus spécialement le service Aménagement Site Paysage Nature,
-  l’ Office National des Forêts ,
-  le Parc Naturel Régional de la Martinique ,
-  le Conservatoire Botanique des Antilles Françaises ,
-  les Sociétés de Botanique et de Géologie de Martinique ,
-  les associations de défense et de sauvegarde de la nature à la Martinique ,
-  le Rectorat de la Martinique dans le cadre des actions éducatives scolaires.

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Article 2 :

La présente charte établie le 21 mars 2007 est acceptée par l’ensemble des membres du Broméliaclub de Martinique.